Lecture : Heureux d’apprendre à l’école par le Docteur Catherine Gueguen

mai 06, 2021

Heureux d’apprendre à l’école : Comment les neurosciences affectives et sociales peuvent changer l’éducation, Docteur Catherine Gueguen, Les Arènes, Robert Laffont

Livre Heureux à l'écoleQue chaque enfant soit heureux d’apprendre à l’école, tel est certainement le souhait de tout enfant, de tout parent, de tout enseignant. La réalité du terrain est parfois différente et ne permet pas toujours aux enfants et aux adolescents d’apprendre avec plaisir et de considérer l’école comme un lieu d’épanouissement. Par ailleurs, les connaissances sur le cerveau se développent et permettent de savoir « quelles sont les conditions optimales pour apprendre ». L’autrice, pédiatre, propose des pistes à la lumière des dernières recherches en neurosciences affectives et sociales, qui sont relativement récentes puisqu’elles sont nées à la fin du XXème siècle. Et contribue ainsi à faire bouger les lignes.

Elle y aborde le rôle central des émotions et la qualité de la relation enseignant-élève comme étant une composante primordiale de l’épanouissement de l’enfant et du développement optimal de son cerveau. Parmi ces conditions optimales : outre cette relation de confiance entre l’élève et l’enseignant, elle ajoute :

  • le feed-back de l’enseignant
  • la participation active des élèves
  • les stratégies d’apprentissages
  • la qualité du cours
  • des programmes encourageants la lecture
  • la formation continue des enseignants
  • l’enseignement de stratégies pour la résolution de problèmes

L’importance de la formation des enseignants

La formation des enseignants est une composante essentielle de l’évolution de l’éducation. Enseigner est un métier passionnant, exigeant, aux multiples facettes qui demande des compétences variées et l’intelligence émotionnelle, relationnelle est au cœur de celles-ci. Patricia Jennings dit à ce propos qu’« enseigner est un art des émotions » (L’école en pleine conscience) C. Guéguen préconise notamment la formation en Communication Non Violente développée par Marshall Rosenberg. Les bénéfices du développement des compétences socio-émotionnelles sont autant pour l’enseignant qui se sent plus compétent et améliore son bien-être que pour les enfants dont la motivation et la réussite scolaire augmentent ; ils sont plus responsables, autonomes et les comportements perturbateurs diminuent. Elle évoque des pistes pour transmettre ces compétences socio-émotionnelles aux élèves et notamment une expérimentation menée dans les Pays de La Loire avec l’IREPS qui a conçu un cartable des compétences psycho-sociales.

Au final « des bénéfices pour l’ensemble de la société » : « investir un dollar dans la formation des professionnels de l’enfance permet d’économiser 100 dollars à l’âge adulte, en prévenant les risques de chômage, de délinquance et autres types de déviance. » selon le Prix Nobel d’économie James Heckman.

L’empathie comme levier d’apprentissage

C. Guéguen explique les effets des violences éducatives ordinaires sur le développement du cerveau et à l’inverse comment des relations empathiques, soutenantes, que ce soit dans le milieu scolaire ou familial, vont favoriser la neuroplasticité et stimuler les circuits neuronaux et améliorer l’apprentissage. En annexe, une présentation succincte de différentes composantes du cerveau pour « mieux comprendre le cerveau humain et son fonctionnement. »

Neurosciences affectives, sociales et cognitives : une complémentarité au service de la pédagogie

En conclusion, elle souligne deux points importants. Le premier est la complémentarité des différentes recherches en neurosciences : « les neurosciences affectives et sociales ne s’opposent pas du tout aux neurosciences cognitives, elles se complètent. Quand on est enseignant, connaitre les neurosciences cognitives _ c’est-à-dire savoir comment notre cerveau intellectuel apprend _ est évidemment indispensable. Les neurosciences affectives et sociales, cherchent pour leur part, à explorer, comprendre et à connaitre l’état émotionnel optimaux pour apprendre. » Le deuxième concerne l’impact sur « le monde » qui deviendra […] « plus pacifique et plus chaleureux ».

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